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À la découverte des reptiles du massif jurassien 🐍

24 août
4 min de lecture

Observer les reptiles demande souvent de ralentir et d’apprendre à regarder autrement.

Discrets, parfois difficiles à détecter et encore victimes de nombreuses idées reçues, lézards et serpents occupent pourtant une place importante dans les écosystèmes du massif jurassien. À travers mes sorties guidées, je vous propose de partir à leur recherche, d’apprendre à les identifier et surtout de mieux comprendre leur mode de vie, leurs habitats et leur rôle dans nos écosystèmes.


Une sortie dictée par les conditions


Pour observer les reptiles, choisir le bon moment est essentiel. Animaux ectothermes, ils dépendent largement des conditions extérieures pour réguler leur température corporelle. La saison, la température, l’ensoleillement, le vent ou encore l’heure de la journée influencent donc fortement leur activité. Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, une journée extrêmement chaude et ensoleillée n’est pas nécessairement la meilleure situation pour les observer. Lorsque les températures deviennent trop élevées, certains individus recherchent au contraire des secteurs plus frais et deviennent beaucoup plus difficiles à détecter. La préparation de la sortie consiste donc à choisir un secteur et un horaire adaptés aux conditions du moment.


Chercher avant d’observer


Une sortie consacrée aux reptiles ressemble parfois à une véritable enquête naturaliste.

Nous avançons lentement en observant les lisières, talus, murets, pierriers, végétations basses et autres zones favorables à la thermorégulation. Un détail dans le paysage peut suffire à attirer notre attention. Lorsqu’un animal apparaît, nous prenons le temps d’observer sa morphologie, ses motifs, son comportement et le milieu dans lequel il évolue afin d’essayer de l’identifier. Mais l’objectif n’est pas uniquement de mettre un nom sur l’espèce rencontrée. Pourquoi cet animal se trouve-t-il précisément ici ? Que recherche-t-il ? Comment utilise-t-il son environnement pour se réchauffer, se protéger ou trouver sa nourriture ? Petit à petit, le paysage lui-même devient une succession d’habitats potentiels que l’on apprend à décrypter.


*Vipére péliade caché dans son tas de bois

Lézards et serpents : une diversité souvent méconnue


Le massif jurassien accueille plusieurs espèces de reptiles, réparties dans des milieux parfois très différents. Les secteurs ouverts et bien exposés peuvent être fréquentés par différents lézards, tandis que certaines couleuvres et vipères recherchent des mosaïques d’habitats associant végétation, zones d’exposition au soleil et possibilités de refuge. Certaines espèces peuvent être relativement faciles à rencontrer lorsque les conditions sont favorables. D’autres sont au contraire particulièrement discrètes et peuvent passer totalement inaperçues à quelques mètres seulement de nous. Cette discrétion fait justement tout l’intérêt de leur recherche. Une fois que l’on commence à comprendre les besoins de ces animaux, un simple talus ou une lisière que l’on aurait traversés sans y prêter attention prennent une tout autre dimension.


*Quelques espèces de reptiles présentes sur le massif Jurassien


Le mélanisme, un avantage en montagne ?


Chez certains reptiles, il arrive de rencontrer des individus beaucoup plus sombres, parfois presque entièrement noirs. Cette coloration, appelée mélanisme, est liée à une présence plus importante de pigments foncés dans la peau. Dans les environnements montagnards, où les températures peuvent rester fraîches même pendant la belle saison, une coloration sombre peut notamment favoriser une absorption plus rapide du rayonnement solaire. Pour un animal ectotherme, dont la température corporelle dépend en grande partie de son environnement, atteindre plus rapidement une température favorable peut représenter un avantage. Le mélanisme ne signifie cependant pas que nous avons affaire à une espèce différente. Chez certaines espèces de reptiles, individus mélaniques et individus présentant une coloration plus classique peuvent appartenir à une même population. Une belle illustration de la manière dont les reptiles sont intimement liés aux conditions de leur environnement.


*Vipère péliade melanique


Mieux connaître pour dépasser les idées reçues


Les serpents suscitent encore régulièrement inquiétude ou méfiance. Une sortie naturaliste est aussi l’occasion de prendre le temps de parler de ces animaux autrement : apprendre à distinguer les espèces, comprendre leurs comportements et remettre en perspective les risques réels associés à leur présence. Un serpent rencontré sur le terrain ne cherche pas à affronter l’observateur. Dans la très grande majorité des situations, sa première stratégie consiste à rester discret ou à prendre la fuite lorsqu’il se sent menacé. Comprendre ces comportements permet progressivement de remplacer l’appréhension par l’observation et la curiosité. Et même lorsqu’une certaine crainte subsiste, ce qui est parfaitement compréhensible, apprendre à connaître ces animaux constitue déjà une autre manière de les regarder.


Observer sans perturber


La discrétion est essentielle lors d’une sortie consacrée aux reptiles. L’objectif n’est pas de provoquer systématiquement une observation ni de manipuler chaque animal rencontré, mais de privilégier autant que possible l’observation dans son environnement naturel. Nous prenons également soin de ne pas dégrader les microhabitats utilisés comme refuges. Une pierre, une souche ou un élément du paysage peuvent sembler anodins pour nous tout en constituant un abri essentiel pour un animal. Photographier un reptile peut évidemment faire partie de l’expérience lorsque la situation le permet, mais toujours en conservant une priorité : limiter le dérangement et respecter l’animal.


La nature ne se commande pas


Les reptiles sont des animaux sauvages particulièrement dépendants des conditions météorologiques. Même sur un secteur favorable et à une période adaptée, aucune espèce ni aucun nombre d’observations ne peuvent être garantis. Une variation de température, un changement d’ensoleillement ou simplement l’activité des animaux peut transformer complètement une sortie. C’est aussi ce qui rend chaque rencontre particulière. Apercevoir soudainement une silhouette que nous recherchions depuis plusieurs dizaines de minutes procure une satisfaction bien différente de celle d’une observation programmée.

Chercher les reptiles, c’est accepter de prendre son temps et apprendre à apprécier autant la recherche que la rencontre.

Une sortie pour découvrir un monde discret


Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances en herpétologie pour participer.

La sortie s’adresse aussi bien aux personnes qui souhaitent découvrir les reptiles pour la première fois qu’aux naturalistes désirant progresser dans leur identification et dans la compréhension de leurs habitats. Elle peut également être une belle occasion pour dépasser certaines appréhensions, poser ses questions et découvrir des animaux souvent beaucoup plus fascinants que l’image qui leur est parfois associée. Après quelques heures passées à rechercher le moindre mouvement entre les pierres et la végétation, il y a de fortes chances que vous ne regardiez plus jamais une lisière ou un talus de la même manière.


Envie de découvrir les reptiles du massif jurassien ?


Partez à la rencontre de ces animaux discrets et apprenez à mieux comprendre leur écologie, leurs comportements et les milieux naturels dont ils dépendent.



 
 
 

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